Plus de 100 personnes se sont connectées jeudi 29 avril 2021 pour « Tech’Tonic, la soirée qui fait bouger la tech pour un monde meilleur ».

Après une rapide présentation des deux associations qui portent le Tech for Good Tour depuis déjà trois éditions (makesense et latitudes), puis un « fast and curious » pour les partenaires financiers de l’aventure (l’assureur mutualiste MAIF, Le label French Tech, l’entreprise technologique SAP et la fondation Devoteam), nous sommes entré·es dans le vif des sujets : et ils étaient nombreux avec pas moins de 10 sujets sur lesquels les participant·es étaient invité·es à réagir et échanger.

Ce moment était l’occasion de restituer nos apprentissages après un mois d’événements variés autour de la question de la responsabilité de la technologie et sa place dans la société. Léa Thomassin co-fondatrice et présidente de HelloAsso était présente ce soir-là pour échanger avec l’équipe du Tour sur sa vision d’une technologie au service d’un monde plus durable et solidaire…

On entend beaucoup parler de tech for good ces derniers temps, c’est un peu repris à toutes les sauces à droite et à gauche, mais au fond qu’entend-on par tech for good ?

Une tech accessible et diverse

La technologie doit être accessible, sobre, citoyenne, etc… mais l’une des choses qui nous semble prioritaire est que la technologie soit inclusive, c’est à dire accessible au plus grand nombre. Il faut garder en tête que même si pour certain·e la technologie est d’une grande valeur ajoutée dans leur quotidien, tout le monde n’y pas accès de la même façon. En effet 18% d’adultes ne peuvent pas ou ne savent pas utiliser les outils numériques, c’est ce que l’on appelle la fracture numérique. Cette fracture peut être au premier degré : des gens qui ne sont pas suffisamment équipés pour utiliser les services numériques ou au second degré : elles ne savent pas suffisamment s’en servir.

De plus, tous les profils n’ont pas la même aisance à s’approprier les outils ou à s’insérer dans ce secteur, pourtant très prometteur en terme d’emploi. A titre d’exemple il y a seulement 28% de femmes dans la tech française et les personnes issues de quartiers prioritaires y sont très peu représentées.  Pour contrer ces discriminations, il faut chercher des modèles économiques et développer des outils accessibles à des publics inégaux. On remarque, heureusement, une grande créativité de l’économie solidaire qui cherche des modèles économiques plus solidaires que la vente de données ou la publicité.

Les personnes qui conçoivent nos technologies doivent représenter la diversité de la population. Il y a plein de projets comme Wild Code School, WebForce 3 ou Diversidays qui veulent rendre l’accès aux métiers tech plus égalitaire et accessible.

Alors, on mise sur la tech pour résoudre tous les problèmes ?

Avec le Tech for Good Tour, on défend la sobriété numérique et la pertinence de la tech, qu’elle soit un outil et non un gadget. Parfois des solutions très simples sont les meilleures. Il faut faire la balance et s’interroger : est-ce que la tech permet un réel progrès (par exemple parce qu’elle permet d’automatiser des tâches répétitives) ou est-ce qu’elle nous coupe de la réalité sur laquelle on veut agir ? On ne veut pas promouvoir une tech solutionniste qui serait la réponse à tous nos maux. Utiliser la tech parce que c’est tendance ou qu’on aime innover mène à la catastrophe !

En effet le numérique pollue : 4% de gaz à effet de serre mondial sont actuellement dus au numérique et on estime que l’industrie des TIC (technologies de l’information et de la communication), devrait représenter 14 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) en 2040, soit autant que les émissions actuelles des États-Unis.

Dans un contexte d’urgence écologique, il paraît donc indispensable de mettre en balance les services attendus d’une technologie, avec les coûts environnementaux, sociaux et sanitaires qu’elle induit.

Une tech au service de l’intérêt général : outiller les bons projets…

On pense que la tech doit être au service de projets qui vont dans le sens d’une société plus durable, solidaire, sympathique et inclusive. Parce que la technologie ce n’est pas seulement une série d’outils neutres (un smartphone, un ordi, etc.) mais ce sont aussi des personnes et des projets qui ont une certaine culture, certaines valeurs. On ne voit pas l’intérêt d’aller créer toujours de nouveaux projets répondant parfois très vaguement aux besoins. Des initiatives sociales et solidaires existent et elles ont besoin d’être outillées pour gagner en visibilité ou en efficacité. Le Tech for Good Tour propose à ce titre un parcours d’accompagnement des structures associatives et sociales afin de les aider à identifier leurs besoins et choisir des solutions adaptées.

… et sensibiliser les acteur·ices du secteur

Mais pour aller dans le sens d’une technologie plus responsable, il faut aussi aider les personnes qui la développe à prendre conscience du pouvoir qu’elles ont. Avec la place grandissante des nouvelles technologies dans nos quotidiens, il est primordial que les apprenti·es codeur·euses et les futures ingénieur·euses soient formés aux problématiques de notre époque. Et ce n’est pas que les étudiant·es mais aussi les gens qui font la tech : les entreprises, les freelances, les intrapreneurs, car tout ce monde a le pouvoir de s’engager et à terme de produire une tech plus accessible, plus diverse, plus citoyenne, plus sobre et respectueuse de l’humain !

C’est pourquoi le Tech for Good Tour se donne aussi pour mission de rencontrer ces publics pour leur faire prendre conscience du pouvoir qu’ils ont et leur capacité d’action. Depuis le début de cette aventure ce sont plus de 3000 étudiant·es qui ont participé à ces ateliers de sensibilisation. C’est pour renforcer leurs action que les associations iniciatrices du tour ont créé des parcours pour accompagner les porteurs dans leurs projets.

Parce qu’il faut de tout pour faire un monde plus durable et solidaire : démultiplions, propageons, réagissons !